D’OÙ VIENNENT NOS LÉVRIERS?

 

 Mais d'où viennent nos chers Lévriers ?

L'origine du lévrier est incertaine, mais on le retrouve sur des stèles et des bas-reliefs égyptiens dès 5.000 avant Jésus-Christ ainsi que des preuves de l'existence du saluki, lévrier persan, à Sumer. Des stèles du cimetière royal de la ville de Ur, à 200 km au Sud Est de Babylone, sur la rive gauche de l'Euphrate, montrent que le lévrier, le saluki en particulier, était élevé et respecté en 2600 avant Jésus Christ. Les pharaons lui ont rendu hommage par Anubis, animal sacré inspiré du chacal et du lévrier. la posture de cette divinité est la position typique prise encore aujourd'hui par nos lévriers. On peut voir au musée du Caire, dans la salle des momies d'animaux, une momie de saluki reconnaissable à la particularité de sa colonne dorsale. Ce lévrier aurait été un compagnon du pharaon Aménophis III, père d'Akhénaton.

Tutanhkamun jackal

 

Anubis (trésor de Toutankhamon) © Musée égyptien du Caire

 

 

La Préhistoire :

L’histoire connue du lévrier remonte à la préhistoire. Dès le néolithique, l’homme devait chasser pour subsister, et employait déjà le lévrier pour l’y aider, notamment pour sa rapidité et son courage. Des scènes de chasse avec lévriers ont été retrouvées peintes sur les parois des cavernes d’Almera et Altamira.
Cette connivence de l’homme et du lévrier a fait que l’on retrouve des représentations de ce dernier en peinture et en sculpture, dans toutes les civilisations de la préhistoire à nos jours : des peintures rupestres au tableau « La chasse royale » de Goya.

L’antiquité :

Le lévrier tient une place privilégiée dans toutes les grandes cultures de l’antiquité. Les lévriers originellement présents dans la péninsule ibérique, ont connu de nombreux croisements avec les lévriers importés par les différentes civilisations qui s’établirent sur la péninsule : Celtes, Carthaginois, Grecs, Romains et Maures. Issus cependant d’une souche commune, ce sont ceux que nous appelons maintenant les Galgos espagnols. Ils portaient auparavant le nom de « vertragus ». Les romains l’ont appelé « canis gallicus », qui devint « gallicus » puis « galgo ».

Dans la culture arabe, il est un animal noble et respecté. Certains écrits rapportent que les femmes aidaient les chiennes sloughi, en cas de portée nombreuse, en allaitant elles-mêmes les chiots. Les plus anciennes descriptions des lévriers figurent sur la tombe d’Ancef au XXVIIème siècle avant J.C.

La grande culture égyptienne vénéra également le lévrier qu’on retrouve en peinture sur les stèles de nombreux édifices funéraires entre 3000 et 2000 avant J.C. On retrouve sa silhouette en peinture, sculpture, ou sur des tapis, dans toutes les couches sociales de la population, des pauvres aux pharaons. Ces derniers les faisaient représenter sur les colonnes, les murs, les temples et les tombeaux, preuve de l’estime qu’ils leur vouaient. Ceux qui tuaient un lévrier étaient punis de la peine de mort.

Les cultures grecque et romaine ne furent pas en reste et utilisèrent le lévrier en art cynégétique. Dès le Vème siècle avant J.C existent de nombreuses représentations sous forme de gravures, sculptures, vases rituels. Le lévrier est même mentionné dans les écrits de Xénophon et Platon. Les Grecs et les Romains utilisèrent le lévrier, sur le modèle de la chasse, comme préparation à la guerre et comme loisir. L’historien grec de Nicodémie, Flavio Arrien a même écrit, au IIème siècle après J.C, un » traité de la chasse », dans lequel il donne des conseils sur la nourriture, les soins, le comportement et l’éducation du lévrier. Pour l’anecdote, l’histoire rapporte qu’Alexandre le Grand aurait eu un lévrier appelé « Peritas », et qu’à sa mort il aurait fait construire une villa qu’il baptisa du nom de son défunt compagnon.


Le Moyen-âge 

:Le destin du lévrier se confond avec celui de la chasse, qui atteint son apogée au Moyen-âge. Intronisé comme chien de chasse en Espagne par les Maures, après avoir accompli un grand périple, au départ de l’Orient, à travers l’Arabie et l’Afrique du Nord, il devint le chien de chasse le plus célèbre de l’époque médiévale et le préféré des « Grands d’Espagne ». Il franchit ensuite les Pyrénées et devint, en France et en Angleterre, de la même manière, le préféré des rois et de la noblesse. Il était lâché à la poursuite de cerfs, sangliers et ours. On le trouve sur de nombreuses gravures et tapisseries, accompagnant la chasse à cheval, avec la lance et la fronde. On l’utilisait également pour le lièvre en raison de sa rapidité, et dans des compétitions de vitesse.

 

Les siècles récents :

Aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles, l’Espagne exporta en Irlande et en Angleterre une grande quantité de galgos espagnols, qui contribuèrent à la conformation du galgo anglais : le Greyhound.
Ce dernier ne connut plus de croisement avec d’autres races pour conserver sa morphologie adaptée à la course.

Au XXIème siècle :

Le Greyhound et le Galgo, après avoir été les compagnons de chasse des hommes préhistoriques, vénérés dans les cultures antiques, respectés et prisés au moyen-âge, ne sont plus qu’utilisés par l’homme du XXIème siècle, l’un pour la course l’autre pour la chasse.

 

QUELQUES INFORMATIONS SUR LE LÉVRIER

 

Le mot “lévrier” provient du mot “lièvre” qui était la proie de prédilection de ces chasseurs. Tous les lévriers sont issus de races très anciennes, essentiellement utilisées pour la chasse (poursuite à vue), et considérés parfois comme le premier type de chien spécialisé que l’homme ait obtenu. En France, la chasse avec des lévriers a été interdite en 1844.

Ce sont d’excellents chiens de compagnie, très attachés aux personnes avec lesquelles ils vivent, mais qui restent distants envers les étrangers.

Leur développement musculaire supérieur à celui d’autres chiens est dû à une mutation génétique qui a inactivé un signal suppresseur de croissance musculaire

Morphologie

Contrairement aux chiens, le galop volant (temps de détente en l’air lors de la course) est propre aux lévriers.

La morphologie des lévriers est de type dit « graïoïde » (origine latine: “canis graius”), c’est-à-dire mince et effilée. Leur tête dolichocéphale est étroite, le museau est long et fin. La largeur de la tête ne dépasse pas la moitié de sa longueur (exception due à la taille, pour les whippets et petits lévriers italiens).

Le corps des lévriers s’apparente à celui des félins tels le guépard. Comme lui, les lévriers sont sveltes, musculeux, presque maigres, dotés de longues pattes fines. Leur poitrine est profonde. Leur ossature est puissante mais légère et leur colonne vertébrale très flexible, leur permet de projeter très loin leurs membres postérieurs et donc de courir très vite.

 

 

 

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